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Saint ZOSIME
ZOSIME est
né à Tyr vers les
années 470, sous le règne
de l'empereur byzantin Zénon.
Très tôt il quitta la
chaleur de sa famille pour suivre le
Christ dans une vie ascétique.
La profondeur de sa foi et
l'exemplarité de sa vie
monastique, le fit élever assez
jeune à la prêtrise. Il
était doux, patient,
compréhensif. Saint
Théodore Studite, dit de lui
qu'il était "le joyau de
l'humilité". De toutes les
régions du Liban et même
parfois de beaucoup plus loin, on
venait pour l'écouter et
implorer son intercession. A chacun, il
donnait les avis spirituels qui
convenaient à la situation. Ses
nombreux miracles attiraient vers lui
toutes les détresses de son
temps.
Après
avoir passé cinquante-trois ans
dans son monastère, il avait
tendance à croire qu'il avait
atteint la perfection de la vie
spirituelle.
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Saint
Zosime
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Dieu, pour le guérir de cette tentation
et pour lui apprendre que l'homme, quelque
parfait qu'il soit, doit toujours avancer dans
la vertu, lui ordonna, par
révélation, de quitter son
monastère pour entrer dans un autre, qui
se trouvait sur les bords du Jourdain. Il avait
déjà plus de 70 ans quand il fut
admis dans le monastère de Saint
Gérasime. Il trouva des moines qui
vivaient dans un total abandon à Dieu.
Retranchés du monde, ils joignaient le
travail manuelle à une prière
continuelle. Divisés en plusieurs
groupes, ils se succédaient sans
interruption, pour chanter les louanges de Dieu.
Durant toute l'année, leur nourriture ne
se composait presque que de pain et d'eau, et
lorsque le carême venait, ils quittaient
le monastère pour aller passer le
carême de l'autre côté du
Jourdain, dans les vastes déserts de
l'Arabie, se dispersant les uns d'un
côté, les autres d'un autre, pour
pratiquer en secret les plus étonnantes
austérités. Quand arrivait le
dimanche des Rameaux, ils retournaient au
monastère pour célébrer la
passion et la résurrection du
Sauveur.
La première année de son
séjour parmi ces frères, la quelle
était, à ce que l'on croit, l'an
540, saint Zosime ayant traversé le
Jourdain avec eux, alla passer le carême
dans le désert, où il
s'enfonçait chaque jour de plus en plus,
dans l'espérance d'y rencontrer quelque
anachorète capable de lui donner des
leçons, qu'il ne dédaignait plus
recevoir. Ses marches épuisantes ne
l'empêchaient pas de prier avec ferveur.
Le vingtième jour de son voyage,
s'étant arrêté à
l'heure de midi pour se reposer un peu, et pour
réciter selon sa coutume un certain
nombre de psaumes, il aperçut comme la
figure d'un corps humain. Il crut d'abord que
c'était une illusion du démon;
c'est pourquoi il fit le signe de la croix et
continua sa prière. Lorsqu'il l'eut
finie, il porta son regard à nouveau,
vers l'endroit où il avait cru apercevoir
quelque chose, et il vit un être humain
qui avait le corps noirci par les ardeurs du
soleil, avec des cheveux courts mais blanchis
par les années, et qui, s'apercevant
qu'on l'observait, s'enfuit avec
précipitation.
Zosime, pensant que c'était un saint
ermite, courut après lui pour le joindre,
et lorsqu'il fut à portée de se
faire entendre, il le supplia de s'arrêter
pour lui donner sa bénédiction.
Voici la réponse qu'il en reçut :
Père Zosime, je suis une femme et ne puis
converser avec vous, parce que je suis nue. Si
vous voulez que je m'approche, jetez moi votre
manteau pour me couvrir le corps. Zosime,
surpris de s'entendre appeler par son nom, ne
douta point que cette femme ne le connût
par révélation, et s'empressa de
lui jeter son manteau dont elle se couvrit.
Après s'être entretenus quelque
temps, ils firent chacun leur prière;
ensuite Zosime la conjura, au nom de
Jésus-Christ, de lui dire qui elle
était, depuis quel temps elle
était dans le désert et de quelle
manière elle y avait vécu. Cette
femme, qui n'était autre que sainte Marie
l'Egyptienne, lui fit l'histoire de sa vie, de
ses égarements et de sa pénitence.
Après ce récit, qui plongea le
dans un profond étonnement, elle lui
commanda le secret jusqu'à ce que Dieu
l'eût rappelée de ce monde, et se
recommanda à ses prières.
Avant de se séparer de lui, elle le
supplia de ne pas quitter le monastère
l'année suivante, au commencement du
carême, ajoutant qu'il ne le pourrait pas
d'ailleurs, quand même il le voudrait.
Vous m'apporterez, lui dit-elle ensuite, le
corps et le sang de Jésus-Christ le jour
de la sainte Cène: je me trouverai sur
les bords du Jourdain, du côté qui
n'est point habité. Là-dessus elle
le quitta pour s'enfoncer dans les profondeurs
du désert. Zosime se mit à genoux
pour remercier Dieu de ce qu'il avait vu et
entendu, et il rentra au monastère pour
le dimanche des Rameaux.
L'année suivante il se trouva malade,
lorsque les frères passèrent le
Jourdain , et il se rappela alors que la sainte
lui avait dit qu'il ne pourrait pas quitter le
monastère avec les autres, même
s'il le voulait. Il dût attendre jusqu'au
Jeudi Saint pour se sentir capable de se lever.
Il prit le corps et le sang du Seigneur et se
rendit sur les bords du Jourdain. L'illustre
pénitente, qui se trouvait de l'autre
côté du fleuve, ayant fait le signe
de la croix, marcha sur les eaux, et quant elle
fut près de Zosime elle lui demanda sa
bénédiction. Après qu'il
eut récité le Symbole et l'Oraison
dominicale, il lui donna la sainte eucharistie.
Après l'avoir reçue elle fit son
action de grâces, ensuite le remercia de
la peine qu'il avait bien voulu se donner pour
elle, et le pria de revenir l'année
suivante. Zosime lui ayant offert les petites
provisions qu'il lui avait apportées,
elle n'accepta qu'un peu de lentilles et repassa
le fleuve comme elle avait fait en venant.
Le carême suivant, Zosime revint au
lieu désigné, où il trouva
morte celle qu'il cherchait, ayant auprès
d'elle une inscription qui portait qu'elle
s'appelait Marie. Il enterra son corps dans une
fosse creusée par un lion que Dieu avait
envoyé à cet effet. Ayant ensuite
imploré l'intercession de la sainte pour
lui et pour toute l'Eglise, il retourna à
son monastère et y rendit compte des
merveilles dont il avait été
témoin. Il continua de servir Dieu avec
ferveur jusqu'à sa mort, qui arriva dans
sa soixante-dix-septième
année.
Combien
d'habitants à Tyr ont-ils jamais entendu
le nom de Zosime? Ils suivent aujourd'hui ceux
qui les appelent à la violence et
à la haine, ceux qui les utilisent comme
de la "chair à canon" et ils oublient
celui qui a le pouvoir de les rendre
LIBRE.
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