
- LES SAINTS DU
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Saint
Frumence de Tyr
- l'apotre de
l'Ethiopie
-
- Saint Frumence est né à
Tyr vers l'an 315. On ne connait pas ses
parents, ni l'histoire de son enfance, mais
les historiens estiment que vers
l'année 330, sous le règne de
lempereur romain Constantin, un certain
Meropius ou Mérope, philosophe,
médecin de profession et fervent
chrétien, partit de Tyr pour faire un
voyage d'exploration et
d'évangélisation sur les
côtes du sud de la mer Rouge vers
l'Inde. Il amène avec lui ses deux
élèves
préférés, Edèse
et Frumence.
- Un jour, sur le chemin du retour, leur
navire aborda dans un port éthiopien,
très probablement Adoulis, aujourd'hui
en Érythrée. L'Ethiopie
était beaucoup plus étendu
qu'il ne l'est de nos jours, il
s'étendait sur les deux rives de la
mer Rouge, allant jusqu'aux confins de
l'Egypte; à l'Ouest et au Sud, il
était limité par le Soudan et
l'océan Indien. Mérope et tout
l'équipage furent massacrés,
probablement pour voler la cargaison, par les
indigènes. La piraterie fait partie
jusqu'aujourd'hui de cette partie de
l'Afrique. En plus la paix ne régnait
pas à cette époque entre les
Romains et les Aksoumites. Frumence et son
frère échappèrent
heureusement au massacre, peut-être
à cause de leur jeunesse. Conduits
à la cour pour être vendus comme
esclaves, ils plurent au roi qui les attacha
à son service. Le plus jeune,
Edèse (connu en Ethiopie sous le nom
de Sydracos), reçut la charge
d'échanson royal; à Frumence,
le monarque confia la surveillance des
archives, la direction du palais et le
trésor; il reçut le nom de
Feriemenaios. Les deux jeunes esclaves
s'acquittèrent de leur mieux de ces
fonctions si délicates. Afin de
récompenser leurs loyaux services, le
souverain d'Aksoum rendit la liberté
aux deux frères peu de temps avant sa
mort.
- Après le décés du
roi, les jeunes gens voulurent alors rentrer
à Tyr mais la reinemère,
dont le fils, Tzahem, était trop jeune
pour régner, leur demanda de demeurer
avec elle pour l'aider dans
l'éducation de son enfant et le
gouvernement du royaume. Ils y consentirent.
Frumence occupa à la cour une
situation très importante et acquit
sur l'impératrice et le jeune prince
une influence considérable. Il profita
de cet état de choses pour assurer le
libre exercice de la religion
chrétienne aux négociants
byzantins ou romains qui fréquentaient
les principaux marchés d'Ethiopie. Il
les engagea à se fixer des lieux de
réunion, à se construire des
oratoires où ils prieraient Dieu en
commun. Plus tard, il fit bâtir une
église. Où fut-elle
élevée? On peut supposer que
c'était dans un port du royaume,
puisqu'elle était surtout
destinée aux chrétiens venus de
l'étranger et que leurs affaires
appelaient en Ethiopie. Or, à
Massaouah, il y a un édifice,
aujourd'hui converti en mosquée, qui
passe pour avoir été bâti
par Frumence. Lorsque Massaouah était
encore chrétienne, cet édifice
était une église
dédiée à la Sainte
Vierge et jouissait d'un droit d'asile qui a
été respecté depuis par
les conquérants musulmans, même
à l'égard des chrétiens
et des idolâtres.
- Lorsque le jeune prince eut atteint
l'âge requis pour régner, les
deux tuteurs lui remirent les rênes du
pouvoir et obtinrent de lui l'autorisation de
gagner I'Egypte. C'était aux environs
de l'année 345. Arrivés en
Égypte, les deux frères se
séparèrent. Edèse s'en
revint seul à Tyr. A son
arrivée, il décrivit avec
enthousiasme, et émotion, leurs
années d'exil et le merveilleux projet
de son inséparable compagnon et il
reçut la prêtrise. Puis la vie
reprit pour lui son cours normal, et
l'Éthiopie ne fut plus qu'un souvenir
très cher, souvent présent
à son esprit.
-
- Mais Frumence, par une inspiration
particulière de la Providence, alla
à Alexandrie trouver saint Athanase
qui avait été récemment
rétabli sur le siège
patriarcal. Il lui raconta les
péripéties de son séjour
dans le royaume d'Aksoum, la bienveillance
des princes envers les chrétiens, les
progrès que la foi avait
déjà faits dans ce pays. Enfin,
il supplia le patriarche d'envoyer un
évêque et des prêtres pour
travailler à
l'évangélisation.
- - Frumence, cet évêque
que vous me demandez, je l'ai là sous
la main, et personne au monde n'est plus
qualifié que lui pour christianiser ce
pays, et baptiser sa reine. Lui dit Saint
Athanase.
- Et devant son regard interrogateur, il
poursuivit: - C'est vous, et vous seul, qui
ferez de l'Éthiopie ce bastion
avancé du christianisme en Afrique.
- -Mais, si j'aime cette patrie de
toutes mes forces, je ne suis qu'un simple
fidèle de l'Eglise, incapable de tenir
ce rôle écrasant.
- - Qu'à cela ne tienne, il vous
sera plus aisé de devenir
évêque, qu'à moi de
trouver un prélat aussi capable que
vous de mener à bien cette
tâche. Vous avez ma confiance, et Dieu
vous viendra en aide.
-
- Frumence ne pensait plus qu'à
son prochain voyage, et à la mission
qui l'attendait. Il étudia avec
zèle, devint un théologien
accompli, fut ordonné prêtre et
reçut enfin sa mitre d'Evêque.
Son rêve était devenu
réalité, et sa promesse
à la reine Sophie, son unique raison
de vivre.
- La famille royale accueillit son
retour avec une joie difficile à
décrire. Il instruisit, en même
temps que la Reine et son fils, toute la
cour; et bientôt tout le pays, suivant
l'exemple royal, demanda à entendre la
parole du Christ, et à recevoir le
baptême.
-
La croix régnait sur
l'Éthiopie, et devait y rester
plantée au-delà de sa mort. Le
grand apôtre de I'Ethiopie mourut vers
380 probablement à Aksoum. Il
était âgé de soixante-dix
ans environ. Un sanctuaire fut
érigé en son honneur à
quelques lieues d'Aksoum, à Maï
Gouagoua : d'où le nom de
Frérnona donné à la
localité. Au XVIIe siècle, les
Pères Jésuites y avaient une de
leurs missions. Aujourd'hui, le pays est
devenu domaine et résidence de
l'évêque, chef de l'Eglise
éthiopienne.
-
- Mais combien d'Ethiopiens savent que
cette Croix qu'ils vénèrent, et
fêtent chaque année en grande
pompe, dans un grand élan de ferveur
et d'amour, ce symbole du Christ qui les unit
tous, et qu'ils nomment « maskal »,
c'est à Frumence de Tyr, esclave et
évêque, qu'ils la doivent.
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